
Retrouvez à la fin de l’article un extrait de Sagesse d’un pauvre : la pureté du coeur !
Première semaine d’aout 2021, départ pour une semaine de randonnées dans les Hautes Alpes. Une semaine à laquelle j’avais hésité à participer. Je ne connaissais quasiment personne de ce groupe d’une trentaine de personnes tout âge confondu.
J’aime la montagne, j’aime marcher, j’aime la rencontre mais une semaine me paraissait beaucoup. Pourtant j’ai quand même dit oui à l’invitation de mes amis.
Finalement je suis revenu comblé par les rencontres, les partages et le vécu quotidien dans une ambiance « famille », les rendez-vous spirituels, merci Sr Pascale Bonef pour la profondeur de tes enseignements, et la beauté de ces paysages, prairies, sommets, chemin de pierres suspendus dans le vide, lac et marmottes et toutes la flore que nous a fait découvrir Odyle. Un grand merci d’ailleurs à toi Odyle de m’avoir montré le chemin de mon rythme de marche le premier jour, un enseignement pour la marche de la vie.
Dés le lendemain de mon retour, j’ai retrouvé mon Ukulélé, ma guitare et l’harmonica de mon fils Théo, ça faisait des années que je n’en n’avais pas joué, et cette musique a commencé de résonner dans ma tête quasiment dès mon réveil. Peu après je me suis dit que ça serait intéressant de la mettre en image pour pouvoir la partager. Merci Pascaline d’avoir accepté de partager tes photos prisent dans les magnifiques paysages imaginés par le Divin Créateur de l’univers ( Chalet Frère Soleil Au Casset, Le Mônetier les Bains – Serre-Chevalier – le Parc des Écrins, Hautes Alpes – Col des Ayes – Lac de la Douche – Col de Granon (2404 m…) auxquelles j’ai ajouté quelques vidéos prisent avec mon smartphone aux mêmes endroits.
Pour terminer, un grand merci à Mathilde et Jean Baptiste pour avoir organisé cette semaine. Merci pour votre accueil, votre simplicité, votre fraternité.
Et encore merci à Jean Michel et Roselyne pour l’invitation, le voyage continu !
Je vous laisse regarder ce montage avec ce texte qui m’a profondément touché :
– Sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du coeur ?
– C’est de ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.
– Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.
– Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d’arriver un jour à la pureté du coeur.
– Ah ! frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.
– Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon.
– Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire à personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voit sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement. Dieu au delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse, et lui rendre grâce à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’Esprit Saint ne cesse de répandre en nos coeurs. C’est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.
– Comment faire ? demanda Léon.
– Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu. »
(Extrait du livre « Sagesse d’un pauvre » d’Eloi Leclerc sur la vie de Saint François d’Assise.)